Depuis 1985 notre activité de consultants r.h. est de proposer des “aides ΔH”, c'est-à-dire des moyens de connaissance de soi et de Δéveloppement Humain.

Un chemin d’ouverture aux mondes…

3 (suite) — Après avoir parcouru le « champ de conscience »,

continuons notre chemin par celui d’ OUVERTURE AUX MONDES.

Le moi conscient, à chaque niveau (corporel, affectif, mental) ou sur chaque plan (existentiel, expressif, transitif), est en INTERACTION avec des "mondes" qui lui sont extérieurs.

Cinq mondes ont été retenus dans le modèle human ® : le vécU, l’Inconscient, la Kultur, des valeurs "Humaines", la Réalité.

D’autres modes pourraient être envisagés : monde religieux, monde parapsychologique (aux phénomènes étranges, inexpliqués), monde Cosmique, à la fois trou noir et Univers immense),etc.

 

11 Je m’ouvre — l’Ouverture à divers Mondes (Openness to the world), c’est dire que, dans un échange plus ou moins équilibré, dynamique, le Moi reçoit du Monde et/ou lui donne.

Ces interactions ( = relations avec l’extérieur) sont multiples :

- provenant d’un vécU riche : racines, territoire et confiance en soi ; ou illustration du discours par des exemples personnels ; ou encore actes qui tirent parti de l’expérience... A l’inverse, recherche d’identité, manque d’assurance ou besoin d’apprentissage.

- venant de l’ Inconscient : intuition, imagination, rêves ; pulsions et désirs affectifs ; ou encore énergie vitale... sans compter archétypes et inconscient collectif. A l’inverse, toutes les "demandes" du Moi.

- "poids" de la "Kultur" (culture et civilisation) sur l’existence individuelle, sur la "libre" expression, sur l’acceptation sociale d’actes individuels. A l’inverse, “héritage” des progrès de l’humanité.

- choix délibéré de "valeurs d’être", Humanistes, donnant une autre dimension à la personnalité (engagée, responsable), valeurs qui ont fait que l’animal a commencé d’enterrer ses morts, a mué en homme. A l’inverse, besoin de croire et de transcendance.

- en retour du monde Réel, bon sens, intégration des contraintes, effet produit avec ses conséquences ; chemins nouveaux menant aux buts, contournement des difficultés, négociation des conflits ; fatigue procurée par les efforts déployés. A l’inverse, le besoin pour l’homme d’une action réalisatrice, "pleine" (c’est-à-dire réfléchie, innovante et de plaisir).

12 J’ai vécU — le vécU personnel (the Lived) est un processus
d’identification et de maturation
par lequel nous intégrons situations et rôles des personnes, leur donnons (notre) sens
.

Notre histoire individuelle forme un seul chemin de vie, spatial et temporel : "je nais un million, je meurs un seul" disait Valéry. La personnalité ne peut être expliquée, et comprise, si l’on ignore le temps et l’espace à travers lesquels l’homme se construit, et qui lui donnent sa dimension "historique".

L’identité n’est pas statique, ce ne peut être qu’une identité à travers le changement, par identifications successives, par "travail" individuel sur soimême, par « actualisation » de soi (remises en cause, restructuration), vers davantage de cohérence interne, vers une plus grande « intégration » (grâce à des valeurs propres, choisies)...

"Solidaire", l’homme l’est de son environnement. Mais les situations ne le déterminent qu’en tant que vécues par le sujet. Il a sa façon de "caractériser" l’information. Il donne un sens aux événements "actuels" en fonction des systèmes de référence qu’il a mémorisés et des voies réactionnelles dont il dispose à l’instant.

"Solitaire", l’homme dans son "perpétuel travail vers l’unification" évolue chaque jour, façonnant son histoire personnelle. Il y a "spirale d’évolution" des racines de l’enfance à l’ébauche de l’adolescence, à l’identité de l’âge adulte, aux caps de maturité et jusqu’à la vieillesse.

13 Une partie de moi-même, dans l’"ombre" — l’ Inconscient (the Unconscious) — ou plutôt les inconscients — est à la fois "l’ombre" de nousmême et une "matrice" virtuelle de nos possibilités futures.

Sur le divan jungien, "être conscient c’est percevoir et reconnaître le monde extérieur ainsi que soi-même dans ses relations avec ce monde extérieur". Mais tout au long de ses recherches et sa pratique, Jung n’a cessé de "militer" pour la mise en conscience de "l’ombre de nous-même", thème de divergence avec Sigmund FREUD.

L’inconscient contient des forces vives, une réserve d’énergie, la "libido". Libido sexuelle chez Freud ; au contraire principe de vie plus large, central, dynamique pour Jung, qui permet à chacun de changer dans sa quête irrépressible de Soi. Un processus d’individuation existe "par lequel un être devient une individu psychologique, c’est-à-dire une unité autonome et indivisible, une totalité ". Une exigence se fait alors valoir à l’homme en développement : celle d’ être vraiment lui-même, être ce qu’il est, tout ce
qu’il est, et seulement ce qu’il est
.

Une partie de notre Moi mène une existence obscure, inconsciente à différentes "profondeurs”. Chaque année surgit en nous quelque chose que nous ne soupçonnions pas. En psychologie "des profondeurs", c’est la
représentation (topiques de Freud, hypothèses de Jung, individualités d’Adler...) du préconscient, du subconscient, des “instances” ( = demandes pressantes) de l’inconscient (individuel, collectif).

Ce "monde" inconscient est pour la conscience une matrice , où celle-ci puise ses possibilités de combinaisons toujours renouvelées. Nous sommes éternellement inachevés mais la personnalité future que nous serons est déjà là, virtuelle.

14 Ma chère "culture" — la "Kultur" (Culture), ou les symboles et modes de vie qui nous moulent.

La "Kultur" (culture-civilisation) intègre chaque "culture" de groupes où nous vivons (famille, école, vie sociale, entreprise, pays...) et la "civilisation" (occidentale, arabe, chinoise...) dans un sens plus large. L’autre, les autres sont porteurs de modes de vie... qui nous influencent, nous façonnent .

La "culture" est le processus aux mille facettes par lequel l’activité élémentaire des hommes se transforme en savoir organisé et aboutit à un stade dit de "civilisation". En ce sens (plus nordique, plus ethnologique) "culture" s’oppose à "nature ". "Die Kultur " est d’abord le résultat matériel d’activités humaines diverses (habitat, technologies, objets fabriqués...), et forme en même temps un ensemble de symboles (idées, valeurs, attitudes partagées, croyances, rituels...).

Par ses "institutions" : primaires (la famille, l’école, le "nous" de tout groupe...) ou bien secondaires (systèmes de croyances, de tabous, techniques de pensées, état des arts), on a pu dire que la Kultur modèle en nous une personnalité "de base" (Kardiner).

Mais chaque individu reste un être de besoins ; ils ne sont jamais tous fixés même s’ils dépendent des conditions externes et varient en fonction d’elles ; ils laissent donc place à une culture moins basique et plus sophistiquée.

15 J’ai (choisi) mes valeurs — le monde "H" (etHic ? Humanistic ?) pose le problème de l’engagement, qu’on soit acteur ou spectateur (engagé).

Le “réel besoin” de croire n’a pas fini de fasciner le psychologue , qui constate par ailleurs, entre inconscient(s), culture(s) et réalité(s), des valeurs identifiantes, personnelles et collectives. Quels que soient les contenus de ces valeurs, reste psychologique le comportement (observable) d’engagement (“bona vita”, “vita activa”) quand l’homme cherche à se rendre responsable...

Toute éthique (corpus de règles) pose le problème de l’engagement. Dire que l’individu est fait responsable contribue à l’imposture de l’impératif moral. Mais que le psychologue décèle la faculté de se prendre en charge, se rendre responsable contribue à une conduite d’engagement, avec ses trois composantes : implication, responsabilité et sens donné à l’à-venir.

Ce qui donne "une autre dimension de la personnalité" écrivait Maslow, qui, à la fin de sa vie, proposa pour qui veut se développer, s’épanouir (selfrealization,
self-actualization) 14 "Being-Values" (valeurs d’être) quelque peu "universelles" :

wholeness unité, intégration beauty justesse, parfait
perfection juste ainsi, convenance goodness bonté, honnêteté
completion achèvement, accomplissement uniqueness unicité
justice justice, devoir effortlessness à l’aise, sans effort
aliveness vitalité, plein fonctionnement playfulness amusement, fun
richness richesse, subtilité truth vérité, réalité, pureté
simplicity essentiel, nudité self-sufficiency autosuffisance

 

Le plus important est à venir…face au « mur de la réalité » !

16 Je suis réaliste — la Réalité (Reality) ou évidence des choses qui sont, donné tangible qui nous est (et reste) extérieur.

Le principe de réalité énonce : le moi conscient OBSERVE le monde extérieur (des choses, des êtres) "afin de SAISIR l’occasion propice à une satisfaction aux moindres périls". Ce processus, dit secondaire, régit, au cours de l’expérience individuelle, toutes les conduites intégrant les contraintes externes.

La réalité, c’est l’ensemble des choses qui sont, c’est ce qui existe effectivement, c’est un donné, ce sont des faits à constater. Se trouve en nous un principe qui nous amène à reconnaître cette "solidité des choses". “First facts and facts only" ! rabâche le journaliste... qui ne saurait interpréter ces faits. Soit, mais Henri Poincaré disait : "on fait la science avec des faits comme on fait une maison avec des pierres ; mais une accumulation de faits n’est pas plus une science qu’un tas de pierres n’est une maison" !

La conscience de la réalité est au fondement même de notre adaptation à la vie, par l’opposition d’un moi intérieur, SUBJECTIF, et d’un non-moi extérieur, OBJECTIF. Le réel forme le contenu premier de notre expérience.

Le "TOUR" de nous-même est terminé !

Il reste à voir, pour ceux qui ont passé les tests, quelles couleurs leur "travail" personnel a donné à chacune de ces 16 « fonctions » psychologiques qui composent la matrice de personnalité ...

Jacques d’Oc, décembre 2016.